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20/12/2009 ATP Festival Curated by My Bloody Valentine, Berkshire, UK
| Report |
by Ceibe pour fm-r ATP Night Mare Before Christmas, Festival marginal
Depuis maintenant dix ans, l’ATP (All Tomorrow Parties) a monté un véritable contre évènement aux grands festivals anglais des régions de l'ouestl que sont Reading et Glastonbury. Une programmation exigeante, éclectique et dans un cadre original font le succès de ce rendez vous. L’un d’entre eux est Nightmare Before Christmas
Le cadre déjà puisque l’ATP profite de la faible activité touristique du mois de décembre pour installer son festival dans un village de vacances, dont le concept est à mi chemin entre le centre de loisir façon center parcs et le chalet en préfabriqué d’un VVF. Le billet d’entrée aux trois jours de festival inclut systématiquement le logement dans un appartement de 2 à 7 personnes au confort plus que correct (Cuisine en option) à cinq minutes du site, télévision avec deux chaines bonus programmées par le groupe organisant le festival (films, clips, concerts…), un cinéma programmé par le groupe phare, l’accès gratuit à une piscine garnie de toboggans vraiment divertissants, et le site du festival comprenant également pubs, salle de jeu, billard, restaurants et donc enfin bien sur les trois scènes.
Sonic Youth, Melvins&Patton ou Belle & Sebastian ont par le passé assuré la programmation du festival. En 2009 ATP invite My Bloody Valentine à prendre les choses en lain. Une programmation essentiellement shoegaze et pop mais qui offre la divine surprise de groupes de hip hop.
L’arrivée
L’enregistrement aurait pu être plus long si nous n’avions pas eu la bonne idée d’arriver très tôt. Alors que nous étions déjà sur le site des concerts, d’autres, toujours dans la queue pour prendre les clefs de leurs chalets ont du rater quelques sets. Le théâtre du festival est un immense chapiteau permanent habituellement utilisé par les touristes et les locaux comme lieu de détente. Dans le grand hall est installée une scène avec une jauge d’une capacité d’environ 5-6000 personnes. Deux autres scènes sont situées dans des théâtre de 2000 places. Habituellement, ces salles déjà équipées sont réservées à des spectacles pour enfant ou des concerts exclusifs pour les familles en week end estival. La décoration totalement neutre ne gâche heureusement pas les concerts.
On n’ira pas voir les concerts avant 16h, malgré leur qualité (Josh T. Pearson ex Lift to Experience ou The Wonded Knees), mais la densité des choses à faire lors de ce festival, les visites dans la jolie petite ville entourant le site, les balades sur le front de mer occupent la journée.
Introduction certes interminable, mais ce qui frappe à l’ATP de Minehead, c’est que les à côtés sont tout aussi important que les concerts.
Jour 1 On commence le festival par les vétérans du hip hop, les toujours aussi jeunes De La Soul qui terminent leur tournée en compagnie du backing band de The Roots consacrée à leur album The « Three Feet High & Rising ». Le public rentre à fond dedans, et contrairement à l’image austère que je me faisais de l’assistance d’un festival exigeant programmé par My Bloody Valentine, ce fut assez festif. En revanche si le public entre dedans, je reste assez déçu de ce qui nous est proposé, un set cuivré et assez prévisible ou le groupe semble accessoire. L’énergie que je connaissais de De La Soul semblait avoir disparu avec l'ajoute de cuivres en plus des platines... On file alors voir l’intégralité du set de Witch. Set court, on revient voir De La Soul, le public est survolté et on comprend l’engouement, le set n’a plus rien à voir, c’est une grosse teuf sur scène, les titres sont repris par tout le public, on accroche plus mais malheureusement, on n’en verra guère plus d’une dizaine de minutes.
On s’était donc reporté entre temps sur l’un des groupes de J Mascis, Witch. Le guitariste de Dinosaur Jr y joue assez maladroitement de la batterie, dans un groupe de hard rock agréable et qui offre les premiers acouphènes du festival.
Assez peu de dilemmes ici, les groupes ne jouant que rarement en même temps, mon cœur a tout de même balancé entre Primal Scream et Yo La Tengo. Je commence par les anglais exposés sur la grande scène, mais boudés par le public, Yo La Tengo remportant plus de suffrages. Après quelques titres vitaminés de Primal Scream, je me lasse et vais voir Yo La Tengo. J’étais resté sur une légère déception après les avoir vus en extérieur sur une grande scène cet été. L’apriori s’évapore aussitôt dès qu’ils sont en salle. D’autant plus que ce soir ils semblent dans une forme olympique et font réellement passer quelque chose dans le public. Leur spectaculaire guitariste n’y est pas étranger.
Television Personalities ne laissera qu’un seul souvenir, celui d’un groupe de post-punk pas désagréable, mais certainement avec le pire chanteur que j’ai entendu cette année.
Mais c’est une bonne entrée en matière avant de passer à la star du festival, My Bloody Valentine. Le groupe pour des problèmes de son a préfèré ne pas jouer sur la grande scène et joue donc sur une des scènes annexe. La capacité étant plus réduite, pour que chacun puisse voir le groupe au moins une fois dans le festival, des bracelets avec la date à laquelle on souhaitait voir le groupe étaient distribués lors de l’enregistrement. Au fil des évènements du week end, j’ai eu la chance de me glisser pour voir le groupe lors des trois sets. Le premier en entier, et les deux autres aux deux tiers. Chaque concert ayant pour mon plus grand bonheur eut un retard conséquent. Ce premier fut le moins bon, un concert assez plat, le son correct mais pas à la hauteur du groupe et surtout un cafouillage entre chaque chanson qui laissait des blancs de plusieurs dizaines de secondes. Chaque concert ont duré environ une heure et demi avec des sets pratiquement identiques concluent par 10 à 15 minutes de noise. Ce premier concert était une revue intéressante du groupe mais sans transe particulière, un concert pesant et épuisant. On ressort déshydratés, lessivés, debout mais errant comme des zombies, on se regarde heureux de voir ces titres incroyables mais déçus des conditions.
Journée conclue par Serena Maneesh dans un premier temps. Méconnu groupe de rock aux albums géniaux. Concert intéressant mais pas forcément mémorable. On se dirige vers les Buzzcocks alors, légende du punk retrouvée auteurs d’un concert qui a rendu le public fou, et des titres envoyés à un rythme d’enfer. Ils jouent sans pause entre deux tubes, avant de filer pour un rappel d’anthologie et un enchainement de leurs plus grands singles dont « Even Fallen In Love ? » d’entrée pour déclencher les hostilités dans le public.
Jour 2 Dès 14h00 The Tyde entre en scène. Mais nous, on préfère regarder Bob Léponge le film sur ATP TV, choix assumé de My Bloody Valentine. On ne parvient à arriver que pour la fin de Sun Ra qui a laissé perplexe mes camarades. De mon côté, moins aigris peut être, et surtout auditeur régulier du groupe, je rentre aussitôt dedans. Il y a forcément un côté Big Band pas toujours digeste, mais Sun Ra Arkestra est surtout géant pour ces longues plages de free jazz et noisy, ces improvisations malgré un orchestre de plus de dix membres tous surdoués.
Mais il est déjà l’heure de passer un peu de temps avec les membres de Mercury Rev. Ils sont là mais pour un concert de leur projet parallèle, Harmony Rockets. Alors que Mercury Rev s’endort dans une pop de plus en plus grandiloquente Harmony Rocket réveille leurs instants plus sauvages. Leur discographie est limitée à un album. L’album limité à un titre. Le concert fut donc cet unique titre de 45 minutes fouinant dans les méandres du rock. Un concert exceptionnel, intense, le concert du festival, totalement instrumental, pas forcément si éloigné de Mercury Rev mais voguant dans d’autres sphères du space rock et du jazz.
On passe The Pastels qui semblait ennuyant (mais resté fort peu de temps devant) et That Petrol Emotion qui ressemblait à un groupe de power pop de remplissage sans réel intérêt.
On finit par assister à un concert de Dinosaur Jr, avec J. Mascis et des potes, mais sans le groupe, ni les chansons. Caricaturalement, un concert de J Mascis & The Fog , ça joue fort et sans charisme une base rock grunge décoiffante et J Mascis fait des soli en déversant son flow.
The Horrors entre en scène je ne les ai pas du tout vu (Déjà croisés deux fois en 2009, comme tout le monde), mais je n’ai jamais vu autant de monde sur le site du festival que pour ce groupe, appréciable, mais qui finalement fait du revival… Il semble que partout ou ils passent, ils fassent ce même effet. Il est étonnant de voir à quel point Spectrum correspond à son style musical. On dit Space Rock, et c’est avec pourtant un matériel tout à fait conventionnel (clavier, guitare, batterie, basse) qu’ils arrivent à nous faire voyager. Ambiance toujours tendue, électrique. Cette journée ne semblant pas terminer, on profite des pauses entre les concerts pour rentrer se reposer dans l’appartement et de son confort.
Sonic Youth semble être très fier de leur nouvel album, défendu ce soir avec vigueur dans une salle bondée. Ils le jouent en intégralité agrémenté de quelques vieux titres dont Death Valley 69. Un set correct, efficace, classique de Sonic Youth, dans une veine de ce qu’ils produisent depuis quelques temps. Bref, un set de qualité pour d’autres combos, des mots qui font bizarre collés à ce groupe.
La salle de Lightning Bolt est bondé, on retourne voir My Bloody Valentine, plus convaincant que la veille au soir et sans les soucis techniques qui ont pourri le concert précédent.
No Age confirme tout le bien que l’on pense d’eux dans un set électrique. Cependant, à l’instar de Yo La Tengo, il est préférable de voir le groupe dans une salle, si possible petite. Le duo occupant péniblement des gransd espaces. Enfin, le public devint fou quand Bob Mould monta sur scène jouer deux titres de Husker Du.
Pour terminer la journée, les escrocs de Fucked Up. Toujours aussi nombreux sur scène, trois guitaristes, pour faire un son hybride, métal, punk shoegaze. Escrocs car on se demande bien ce que tout ce monde fait là pour des chansons aussi rudimentaires, essentiellement tourné autour de l’énorme et charismatique chanteur. Je me laisse prendre au jeu et laisse dans la bagarre un orteil cassé et mes docs abimées dans le pogo. Malgré mes réticences irrationnelles à voir ce groupe, j’y prends toujours un plaisir monstre.
Jour 3
Ma platine est trusté depuis quelques mois par les deux albums de A Place To Bury Strangers. Après avoir couru après, j’ai enfin une occasion de les voir. Je ne suis donc pas crédible quand je parle du pied que j’ai pris à assister à leur set. Ils arrivent à reproduire sur scène cette ambiance et ce son abrasif qui fait leur renommée en plus de la qualité des mélodies. Malgré la tristesse des chansons, il se dégage une ambiance festive du public qui se laisse prendre. Cela se termine dans un chaos sonore et visuel du plus bel effet mais un peu caricatural. Il est difficile après deux albums similaires et un son aussi exigent de prévoir l’avenir de ce groupe, c’est donc une urgence pour moi de les revoir vite.
L’occasion est encore plus rare de voir Th’Faith Healers, groupe des années 90 qui n’a rien sorti en 10 ans mais qui a exceptionnellement tourné cette année. L’audience de l’ATP n’a pas sur saisir sa chance. La jauge de la grande scène sonne vide pour l’accueil de ce groupe Néo Zélandais aux accent de Sonic Youth. C’est pratiquement désespérée que la chanteuse tentait de vendre ses disques après son concert, personne ne s’intéressant à son merchandising. Le concert en lui-même fut excellent, c’est un groupe qui offre une évasion réelle, virtuose. On termine le voyage par un morceau psychédélique de 15 minutes hypnothisant le public.
On poursuit avec d’autres vétérans qui ne sortent rien, un groupe de power pop très inspiré et plaisant, Swervedriver, mais leur manque de reconnaissance dans nos contrées m’incite à ne rien détailler et vous suggérer d’aller d’urgence faire un tour sur leur myspace.
Les rappeurs de EPMD font mouche sur le public, mais je suis curieusement resté stoïque face à leur musique. Bob Mould, la voix et la guitare de l’ancien leader d’Husker Du, est venu sans les musiciens qui accompagne sa carrière solo. Déçu du résultat, je préfère assister au concert des poétiques instrumentalistes de Dirty Three, qui montrent une aisance insoupçonnée à tenir une grande scène et la tête d’affiche d’une journée festival ! 1h30 de grand bonheur ou le violon devient un instrument rock n roll.
Mais il est temps de bien se positionner pour The Pains Being Pure At Heart. Car après avoir vu la foule derrière les deux grosses hype du week end, The Horrors et Lightning Bolt, je crains le pire pour l'affluence de la nouvelle coqueluche pop qui joue dans la plus petite salle du festival. Bonne pioche. Je me cale devant la scène et assiste ce à quoi je m’attendais, un set correct, classique et fort proche de l’album. Quelque chose de gentil, frais, sympa, volatile. Bref sans intérêt autre que d’être apprécié dans l’instant présent, mais un joli moment d’évasion.
Depuis le début du festival, un groupe est annoncé comme non confirmé. Les plus folles rumeurs sont annoncées, les importantes sont pour Mercury Rev et Husker Du (Les premiers présents avec Harmony Rocket et Bob Mould joue occasionnellement avec No Age)… Mais en fait c’est de nouveau Lightning Bolt qui vient terroriser le public de nouveau. J’assiste à la déflagration aux premières loges, mais hélas le groupe est invité à jouer sur scène et non dans le public. Dans la fosse ça bouge gentiment, mais c’est quand même pas la même chose que pour un set au milieu des fans. Le bassiste fait la gueule, peut être encore plus que d’habitude et l’entourloupe est réussie, ça joue fort dans le chaos et ce bordel plait.
Pour conclure le week end, un dernier tour à My Bloody Valentine qui semble se bonifier de jours en jours. Des titres non entendus pendant le week end sont joués en plus de la set list habituelle et le mur du son craché en fin de concert m’apporta cette fois enfin de réelles émotions. Tout est au rendez vous pour conclure le week end.
On termine l’aventure avant même les derniers concerts en allant profiter du pub ou l’on croise nombres artistes du festival qui parfois ne viennent pas uniquement pour cachetonner, mais aussi voir jouer les copains et discuter avec l’assistance. Alors qu’en 2008 la communauté francophone avait été nombreuse (Prog par Patton& Melvins) nous n’avons guère entendu parler français cette année. Le festival ayant une programmation qui se dirigeait plus naturellement aux britanniques. Le festival est d’une densité qualitative incroyable et vaut un tel déplacement.
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